ESPIONNAGE INDUSTRIEL: définition et limites avec la veille concurrentielle
L’espionnage industriel L’espionnage industriel est une pratique qui prête à confusion avec les systèmes de veille et d’intelligence économique. Nous verrons à quel point tenter de délimiter trop strictement ce concept peut s’avérer dangereux ; construire une définition trop stricte reviendrait à nier un grand nombre de réalités de l’espionnage industriel. Espionner ses concurrents représente la démarche aboutie de la recherche d’information. Ces pratiques sont de plus en plus répandues aujourd'hui et sont la source de nombreux préjudices économiques. Nous pouvons d’ores et déjà faire quelques précisions de vocabulaire. Dans les développements qui vont suivre, nous utiliserons le terme d’espionnage industriel, bien que de nombreux organismes et auteurs lui préfèrent les expressions « espionnage économique », « espionnage d’affaires », ou « violation de secret d’entreprise 7 ». Il est évident que l’intérêt des espions ne se limite pas aux seuls secrets industriels. Toutes les autres activités de l’entreprise sont également des cibles d’espionnage. Nous conserverons, toutefois, l’expression « espionnage industriel » par commodité d’usage, même si celle-ci ne restitue pas le phénomène dans sa globalité. A Proposer une définition de l’espionnage industriel nécessite une démarche prudente. Nous pouvons tenter, dans un premier temps, une délimitation stricte qui est souvent celle avancée par les défenseurs de l’intelligence économique. Cependant, cette définition ne permet pas une vision globale du problème. En réalité, les limites entre les concepts de veille technologique, intelligence économique, et espionnage industriel sont souvent floues ; les tentations sont grandes de transgresser les règles d’éthique. L’espionnage industriel est souvent décrit comme un dérivé malsain de la veille technologique, le « cancer » de l’intelligence économique. Il s’agit de l’ensemble des pratiques à travers lesquelles les informations sont obtenues par des moyens répréhensibles (corruption, piratage, vols de documents…). Cette pratique se trouve très proche des méthodes de renseignement militaire et sort des limites de la morale et de la légalité.Figure 2 : Veille et espionnage : les limites Le cadran 1 représente la La veille technologique constitue un terrain juridique accidenté et il est souvent difficile de déterminer où finit la veille et où commence l’espionnage industriel. La délimitation de l’espionnage industriel aux seuls actes illégaux pose déjà un certain nombre de problèmes. En effet, les procédés utilisés sont très divers et tous ne peuvent pas tomber sous le coup de la loi : écouter une conversation ou engager un ancien employé d’un concurrent n’est pas répréhensible. La moralité et la déontologie constituent un second point de délimitation entre veille et espionnage industriel. Cependant, il ne faut pas croire que les chefs d’entreprise respectent toujours les principes éthiques fondamentaux. Et cela, pour deux raisons principales : - -